lundi 16 novembre 2009

Retour sur route

Après le grand vide que suscite la fin d'un Ultra, assimilable à une dépression, me voila de retour sur route.

La saison 2008/2009 marque pour moi une transition entre trail et route. Une overdose de trail appelle un retour aux fondamentaux de la route.

L’objectif du début de saison 2009 est fixé sur Barcelone. Ce marathon est tôt dans la saison.

Ce retour, a été fait en marge de mon club habituel. Un entrainement construit en solo sans aide de qui que ce soit, mais sans oublier les apports et l'expérience de mon coach du moment : Gaby du club Athé78.

La préparation de ce début d’année ne nous épargne rien... pluie, froid neige, neige, neige et encore neige et glace sur ma piste... L'avenue Albine est assimilable à une piste de bobsleigh. Les séances de fractionnés le soir en semaine entre 20h et 22h ressemblent à "Holliday on ice" en plein coeur de Maisons Laffitte.

Plus simple à gérer, les entrainements moins long, mieux structurés, moins bourrin, et les métriques (cardios, chronos) garantissent le retour sur investissement (entrainement) tout au long de la phase de préparation.

Bref, un premier semi marathon prometteur à Bullion (78) en février 2008 me fait approcher les 1h25, suivit un mois plus tard d'un Marathon de Barcelone en 3h01'35"...

En marge de ce retour sur pistes, deux « gros »trails ont étés courus mais conviction, ils ont conclus à deux abandons Origole 2008 et Annecime 2009. Comme quoi, avant toute préparation, c’est l’envie qui garantit la réussite !

Aujourd'hui, cette transition est digérée, et l'envie de continuer de progresser sur route me conforte dans mon idée. L’idée de taquiner les 3h00 sur marathon est maintenant un objectif à portée de pied. Il ne suffit plus que de trouver la course pour.

2009/2010 est également à nouveau marqué par un changement d’entraineur au club et surtout par une nouvelle faim de victoires personnelles.

vendredi 19 septembre 2008

Ultra-trail du Mont-Blanc 2008

Ultra-trail du Mont-Blanc 2008
Vidéo envoyée par actumontagne

le reportage du site web www.actumontagne.com sur l'édition 2008 de l'Ultra-trail du Mont-Blanc. C'est Kilian Jornet (Espagne) qui s'impose en un peu moins de 21h, au terme d'une course de 166 km et 9400 mètres de dénivelé positif. Il devance le Népalais Dawa Sherpa et le Français Julien Chorier

mardi 26 août 2008

UTMB H-72

A l’heure d'écrire ces quelques lignes, le décompte final a commencé… h-72 avant le départ de cette formidable épopée…

Demain, nous serons en route vers Chamonix pour prendre le départ vendredi 29 en fin d’après midi, à 18h30 d’une des plus formidable aventure de coureur: L’Ultra Trail du Mont-Blanc.

Le parcours : Une boucle autour du Mont-Blanc dans le sens trigonométrique. Départ et arrivée à Chamonix.

Tout dans cette course est fait pour donner le vertige… 166 kilomètres, une seule étape, 9500 m de dénivelé positif (autant de négatif), 8 cols à plus de 2000m, 2 nuits blanches à enchaîner, 46 heures maxi… Presque deux jours et deux nuits complètes à batailler avec ses pieds, combattre ses doutes, lutter contre le sommeil, braver le froid et l’altitude, et philosopher sur la raison d’être de l’épreuve qu’on afflige à son corps, le tout dans un environnement hostile.

Je l’ai déjà fait, alors pourquoi y retourner ? Je ne sais l’expliquer. C’est un besoin viscéral qui m’est apparu comme une évidence après les 3 mois d’errances sportives qui ont succédé à mon UTMB 2007.

Comme l’an dernier, mon objectif est d’ARRIVER. Cet objectif a été programmé le 10 janvier dernier à 21h05 (date de notre inscription)… C’est comme si c’était hier… A titre indicatif, l’an dernier, le tour a été bouclé en 37h30 dans d’excellentes conditions météos. Cette année, une difficulté supplémentaire (3 kilomètres de plus et une montée de 600 m de D+), n’en rendra que plus belle l’arrivée, comme si nous n’en avions pas assez.

Cette course peut être suivie en direct sur Internet via le site officiel de l’épreuve :

http://www.ultratrailmb.com/accueil.php

http://live.ultratrailmb.com/

Nos numéros de dossards :

UTMB Jérôme H: 516
UTMB Vincent: 517
UTMB Jérôme D: 2014
UTMB Christophe: 2108
CCC Christian: 8509
CCC Bernard: 8925

La devise de notre épopée : TOUS AU BOUT !


dimanche 3 août 2008

mercredi 2 juillet 2008

Entrainement UTMB Maisons Laffitte

Entrainement UTMB Maisons Laffitte
Vidéo envoyée par Jjerome78

A défaut de montagnes, nous avons remplacé les cotes par la traction d'un pneu... Ridicule... mais largement efficace.

mardi 1 juillet 2008

jeudi 19 juin 2008

samedi 17 mai 2008

Marathon de Prague

Un WE bien sympa à Prague…

Au programme des réjouissances, une balade dans la ville, un samedi de farniente, de la bière à Gogo, pâtes et pizza 4 fromages pour tous… Ah, j’oubliai l’objet du déplacement : un marathon le dimanche matin.

Les enjeux, de ce marathon sont d’établir un nouvel ordre avec une passation logique de pouvoir entre le jeune et le vieux… Selon l’avis de tous, je dois rester spectateur bien sagement à regarder cela à quelques encablures derrière, en embuscade, au cas où... juste au cas où… tout en veillant à mes arrières, les outsiders sont nombreux.

Mais cette année a une saveur particulière pour moi. Je me suis mis volontairement sur un rythme décalé du groupe, préférant la grande aventure d’un petit tour en montagne à celle plus modeste d’un grand marathon international… C’est sans aucune pression qu’a été réalisé tout mon entraînement hivernal et nombreuses sont les séances de « fonciers » qui ont sauté par flegme.

Jusqu’à la veille de la course et à la dernière bière commandée sous les rires sarcastiques du père Jean-Luc, je ne me faisais aucune illusion, sur cette longue course dans les rues pavées de Prague et surtout je n’ambitionnais qu’une seule chose : Descendre enfin sous le cap des 3h10.

Le départ est pris à mon habitude, à quelques centimètres des élites. Bien reposé par la dernière semaine sans aucun entraînement autre que mon test d’effort, je me retrouve enfermé dans les turbulences générées par les concurrents s’accrochant au Pacemaker des 3h00. Au 3 éme km c’est très logiquement que Mikl s’est porté à ma hauteur, suivit à 10 secondes par l’inséparable Jean-Luc.

Les Kilos se suivent et se ressemblent : Mkl s’échappe gentiment et JL… ne le suit pas, mais reste juste devant les ballons 3h00… Lui devant, moi derrière, c’est comme cela que nous progressons sans aucune difficulté jusqu’au km18. Là un premier coup de théâtre. Un arrêt Pipi me propulse de chasseur à chassé… Je passe JL sans un mot, je sais qu’il me voit, je sais qu’il sait que je sais… Je m’interroge. Que faire, accélérer au risque de griller, stagner au risque qu’il reste derrière, ralentir pour l’obliger à passer ? Finalement, j’attends… J’attends qu’il revienne à ma portée au contact comme pour me dire, « Hé.. Attend, j’ai un truc à te dire »

C’est ce qui arrive au KL20... Un pacte de non agression est fait juste pour croiser Mkl et nous donner une idée de l’avance prise par ce dernier. Nous en sommes à un écart de 3m10s à mi-course.
JL repasse la surmultiplié pour reprendre ses 10 secondes d’avance.

Pour ma part, je reste sur mes sensations et me surprends même à passer devant le ballon des 3h00 qui en fait explose en route… Un second Pace maker prend le relais et vient se placer entre JL et moi… Je commence à tirer sur la corde finis par lâcher le ballon au km 24.. Ma course sera ensuite une longue procession de KM en KM, et de point d’eau en point d’eau. Mentalement, quand il n’en reste plus que 13, je repense à Argentière, Chamonix… cela me redonne un peu de courage. Je m’accroche à 3 Espagnols pour enfin arriver au pont après le km36 qui annonce le dernier retour vers le centre ville… Il y a bien longtemps que JL est hors de portée de ma vue mais je le cherche quand même… et là : Stupeur… une silhouette familière au bout du pont. Mais non, ce n’est pas JL, mais c’est bien MKL. Habitué des hallucinations sur les ultras, j’attends de bien me rapprocher pour m’en assurer. C’est bien lui, reconnaissable de loin à sa tenue et à sa posture aussi particulière qu’une signature manuscrite. Je fonds littéralement sur lui et le passe au km 37.
Nous sommes dans la dernière ligne droite, il ne reste plus que 5 km. Mon instinct me confirme rapidement que JL n’est pas loin. Pas difficile à trouver, traqué comme une bête, il se retourne pour savoir à quelle sauce il sera mangé. Fort dans ma tête, je sais qu’il ne m’échappera pas. Il me reste 4 km de traque. La chasse est menée 2 km durant, reprenant mètre après mètre. Une dernière gesticulation de sa part m’indique qu’il dépose les armes et enfin je lui assène le coup de grâce à l’occasion du dernier ravitaillement en eau. Sans un mot, propre, net et sans bavure, je passe à ses cotés à 14 km/h. La suite ne consiste plus qu’à tenir la position
.
Après le passage du km41, je me retourne pour m’assurer de ne pas être suivi. Ne le voyant pas, je profite de ces derniers hectomètres avec l’air malicieux du chat qui vient de manger une souris… La satisfaction de passer cette ligne d’arrivée en tête est assimilable à un petit holdup entre amis…

Belle course, belle ville, beau Week end, et de belles revanches à venir.
Je vous laisse le choix des armes.
Jérôme

mardi 8 avril 2008

Accompagnement médiatique sur l'UTMB 2008

L'an dernier, au cours de ma préparation pour l'UTMB 2007, j'ai eu cette idée un peu folle de me faire accompagner par un média sur cette aventure tant physique que Humaine.

Sans doute pour conjurer l'ennui plus que pour faire passer un message, même si cette course est une méditation, c'est une formidable aventure que nous partageons et dont je prends beaucoup de plaisir à parler.

La technologie ayant bien évoluée, je pense qu'avec un média aussi simple qu'un téléphone portable doté d'un appareil photo ou d'une caméra, on doit être capable de faire des miracles et de retransmettre un événement sportif en étant au coeur de celui ci.

Vidéo envoyée par Jjerome78

dimanche 6 avril 2008

Tour de Houilles

3 boucles pour cette vieille dame, qui dit on est la plus ancienne d’Ile de France…

C’est par cette phrase que nous pouvons résumer le « Tour de Houilles » qui comme le Tour de France, n’en fait plus le tour depuis bien longtemps… Le parcours est un petit parcours en ville. 3 boucles identiques avec un départ légèrement en amont (pour arriver à l’exacte distance de 10 KM).

Le départ se fait donc en léger faux plat descendant… le peloton s’étire gentiment, et une petite cote (petite mais costaude) nous rappelle tout de suite à la réalité de la ville de Houilles.

Les kilomètres sont marqués au sol, ce qui permet aux « horlogers » d’avoir des repères précis de leurs performances…

Une bien belle petite course en marge et à l’opposé du très professionnel Marathon de Paris… à la même date cette année... Pour être amateur de ces deux extrêmes, j’ai aimé le tour de Houilles (doublement, puisque je viens de craquer mon record sur 10km).

Merci aux organisateurs, et bravo pour l’organisation des deux courses « Enfants de 1300 et 2600 m » auxquelles ont pu prendre part mes enfants.

dimanche 30 mars 2008

FOULEE CHANTELOUVAISE

Course : FOULEE CHANTELOUVAISE

Ville : Chanteloup les Vignes

Dép. : Yvelines  (78)

Date : 30/03/2008

Catégorie : Foulées diverses

Programme :
Courses de jeunes de 0,7 km à 3 km, pour les adultes 7,5 km et 15 km. Départ à 10h. Tx 7 €.

Coordonnées de l'organisateur :
   MAIRIE 
   RUE DU GÉNÉRAL LECLERC
    CHANTELOUP LES VIGNES
   Tél:
   Fax:

 

Petite course sympas, parcours du 15 km en 2 boucles.

Globalement, les boucles sont très vallonnées avec un premier tiers en montée, d'abord en ville pour un quart de la boucle, puis un deuxième quart en foret. La dernière moitié comprte en entrée une vertigineuse descente sur route sinueuse (gare au mouillé), puis une succession de lacets en ville globalement toujours en faux plat descendant. Seule un petit raidillon (plus raide dans la seconde boucle que dans la première curieusement) vient relancer le suspens dans cette belle petite course de village…

Cette course comprend 2 épreuves qui partent en même temps : La 7,5 km et la 15 km.

La seconde boucle se fait donc avec moins de monde sur le parcours.

 

Je recommande pour le rythme qu'elle provoque. Le chrono est à proscrire ici.  

 

 

TR: La course de trop...

7h16, ce dimanche matin. Nous venons de changer d’heure, j’ai donc une heure de sommeil en moins. J’ai déjeuné il y a 1h maintenant et attend sagement 8h00 pour mettre les voiles.

 

L’objectif de la journée est d’aller faire une course de 15 km à Chanteloup les Vignes… Mais qu’est ce qui peut bien me motiver à cela ? Je le fais simplement parce que sur ma feuille d’entrainement, chargée au hasard des sites internet d’entrainement Marathon, dans la case D28, il est indiqué de faire une compétition de 10 à 15km. Alors moi, ben comme un bon soldat, j’ai dit que je le ferai, alors, je fais ce que j’ai dit.

Sera-t-elle la course de trop ? Elle, probablement non, mais un objectif majeur est toujours agrémenté d’objectifs intermédiaires, de jalons, milestones, pré-requis… et ce matin, c’en est un… un qui doit me redonner le goût d’une ligne de départ, me faire me rappeler ce que l’effort en course signifie, et aussi, étalonner mon niveau de performance pour mon objectif… Mais cette année, l’objectif est loin d’une course sur route de 15 km… Cette année, comme l’objectif est de doubler l’UTMB, alors il faut bien s’occuper l’esprit et occuper son corps en attendant. Le 15 km de ce matin vient donc en préparation du Marathon de Prague (le 11 mai 2008)…

Bref, vous l’aurez compris, je fais un « 15 bornes » pour le fun, un Marathon pour m’occuper l’esprit, et je double l’UTMB… mais pourquoi faire au fait ?

 

Et si dans toutes ces courses, il n’y avait pas la course de trop ?

 

What else ?   

 

lundi 25 février 2008

Fabrication d'un prototype de Bâton "Ultra Pole"

Le concept du bâton "Ultra Pole" commence à prendre forme (grâce notamment aux ingénieuses discutions du forum du site
http://www.randonner-leger.org/forum/viewtopic.php?id=2030
Pour l'instant la rigidité me semble satisfaisante et l'objectif de rester sous les 100 grammes par bâton reste atteignable...

Ce poids correspond à un bâton de 120 cm hors embouts.

Il est composé de 4 tubes de carbone de 8 mm de diamètre. Les manchons sont des tubes d'aluminium de 10 (8 à l'intérieur)et de 6 cm de long. La jonction se fait donc sur 3 centimètres par bout de carbone.

Actuellement, la colle utilisée pour faire la jonction est du néoprene. Mais l'absence de jeu entre le carbone et l'alu me fait craindre que ce collage ne manque d'efficacité. En effet, après encolage, la jonction repousse la colle à l'extérieur de l'embout... Bref, nous en sommes encore au stade du
réglage.

Le bout utilisé est quant à lui de la garcette (bout servant à réaliser les lignes de kite surf).

Prochain compte rendu apès fabrication des poignées et recherche d'une solution pour faire la pointe qui fera la jonction au sol.

Reste à faire :

- Embout (réalisation et fixation),
- Dragone (réalisation et fixation),
- Poignée (réalisation),
- Système de verouillage.


Merci à "jcl" dont je me suis grandement inspiré de sa réalisation.
Après de nombreuses recherches, c'est sa réalisation qui m'a le plus convaincu.

http://webmarinajc.fr/


Inspiration Anglaise :

http://www.backpacking-lite.co.uk/diy/make-an-ultralight-carbon-fiber-tarp-pole-set.html

vendredi 22 février 2008

Photos du premier écotrail de Paris


Salut à tous,

Juste pour vous faire profiter des photos de l'écotrail, nous sommes tous arrivés au 1er étage avec le mental bien regonflé et les jambes un peu meurtries certes(normal). On s'est dit l'année prochaine pourquoi pas? on va y retourner et on vous emmènera avec nous par ce que ça vaut le coup d'aller au delà de soi et je pense que c'est bien pour cela que nous courrons enfin pour ma part bien sûr. Toujours à la recherche de défis et celui là, malgré les douleurs on est un.

En attendant l'édition 2009, je vous envoie tous ces photos pour vous faire rêver.

Sportivement

Fabrice

vendredi 31 août 2007

Tableau des temps de passages

Tableau des passages

Points

Heure pass.

Temps course

Classement

La Charme

V-20:45

02h11mn57s

1112

Saint-Gervais

V-21:34

03h00mn39s

1056

Les Contamines

V-23:27

04h53mn16s

1182

La Balme

S-01:05

06h31mn31s

1140

Refuge Croix du Bonhomme

Les Chapieux CCAS

S-03:50

09h16mn27s

1064

Col de la Seigne

S-06:52

12h18mn28s

989

Refuge Elisabetta

S-07:09

12h35mn33s

1018

Col Chécrouit - Maison Vieille

S-09:20

14h46mn03s

1017

Courmayeur - Dolonne

S-10:09

15h35mn07s

962

Refuge Bertone

S-12:18

17h44mn28s

886

Refuge Bonatti

S-14:11

19h37mn10s

939

Arnuva

S-15:20

20h46mn19s

920

Grand Col Ferret

S-16:51

22h17mn58s

854

La Fouly

S-18:30

23h56mn53s

809

Champex Lac

S-21:25

26h51mn54s

750

Bovine

D-00:54

30h20mn35s

652

Trient

D-02:17

31h43mn58s

629

Catogne

Vallorcine

D-05:29

34h55mn31s

602

Argentière

D-06:49

36h15mn00s

574

Chamonix - Arrivée

D-07:59

37h25mn12s

516

quelques photos commentées...

Devant la place du triangle de l'amitié :

Jérôme, Arnaud, Vincent, Jean-Luc, Médéric, Mickael

Fabrice dans l'effort...

La première ascension... une bosse de 800 m après les Houches pour se chauffer.

La première nuit est passée, on file en direction de Courmayeur.




L'arivée dans les rues de Courmayeur... Une moitié d'épreuve bouclée...


En route vers Bonatti sous le soleil et dans une bonne humeur (apparente). La présence d'un photographe suffit à mettre de bonne humeur, mais ca ne dure pas toujours.



5 minutes de sommeil, et hop, ca repart comme en 40 !

Dimanche matin, à 17 km de l'arrivée, et avec 1h10 de retard, la chasse à l'homme commence...












L'arrivée à fond les manettes après une chasse à l'homme, je retrouve mes camarades à 1 tout petit kilomètre de l'ariviée. Cela nous vaut bien un finish "Main dans la main"

dimanche 26 août 2007

La course

Chamonix, Chamonix

18h30, vendredi 24 Aout 2007, au son de l’enivrante musique de Vangelis, 1492, le départ du 5éme UTMB est donné. Cette étape importante marque pour nous le terme d’une longue maturation de presque un an. Un an à ruminer, s’entrainer, se préparer, rassembler le matériel. Toute l’année 2007 est organisée autour de cette épreuve majeure. Le franchissement de la ligne de départ est donc une formidable délivrance les derniers encouragements sincères et réciproques ont été faits avec Mickael, Jean-Luc, Vincent, Nicolas, Médéric, Arnaud, Fabrice. De compagnons d’entraînement, ils vont devenir des adversaires, puis des compagnons de galères, même si nous ne ferons pas la course ensemble, je prendrai de leurs nouvelles chaque fois que possible grâce à la magie du net.

Dans la cohue du départ, Mickael part en tête pour ne plus jamais être rejoint par aucun d’entre nous. Jean-Luc et Vincent ont décidé de partir ensemble, moi de les suivre tant que je peux, mais en sachant que ma course sera différente de la leur. Moins bonne « caisse » en montée, je préfère rester derrière, en embuscade, et la jouer au mental.


Saint Gervais Km 20, vendredi 21h34, H+3

Dès le km3, à la faveur des premières bosses, je les vois s’éloigner irrémédiablement pour, enfin, me retrouver seul face à mon destin. Km 8, les Houches marquent le début d’une première ascension, une bosse de 800 m de dénivelé avant de changer de vallon pour redescendre sur Saint Gervais. Cette étape prend l’allure d’une sorte de mise en bouche. Elle marque également le début de la nuit, avec l’allumage de la frontale vers 21h00 avant Saint-Gervais que j’atteindrai après 3 heures d’efforts sans arrêt. 10 bonnes minutes de récompenses sont mises à contribution pour me désaltérer, refaire le plein d’eau, m’alimenter, et changer de vêtements en vue de la nuit à venir que je passerai majoritairement au dessus de 2000 m. La course prend à ce moment toute sa dimension je réalise que malgré ces 3 heures d’efforts, il reste encore plus de 140 km. Les sensations ne sont pas formidables, et à ce moment je suis très attentif à toutes les douleurs tendineuses et musculaires qui commencent à apparaitre. En particulier une légère sensation musculaire douloureuse derrière la cuisse gauche me rappelle de toujours rester en dedans. La course sera très très longue.


Col du Bonhomme Km 42, samedi 2h30, H+8

Au départ de Saint-Gervais, la cible à abattre devient : Le col du Bonhomme dont la croix culmine à plus de 2500 m. La récompense de cet effort sera le « gros ravitaillement » des Chapieux, 1000 m plus bas. L’enjeu est de taille et la route pour y arriver est longue. L’entrée dans la nuit est assez progressive, et le froid s’intensifie doucement au rythme de la montée vers les Contamines. Les contamines est précisément le dernier point de ravitaillement « confortable » avant longtemps. L’occasion d’ajuster la tenue vestimentaire qui doit me permettre de ne pas prendre froid. Je mets à portée de main tout ce qui me rendra la nuit plus agréable. La route qui suit est douce, et les quelques 8 kilomètres suivants me permettent d’alterner marche/course au rythme des faux plats, jusqu’à l’arrivée à notre dame de la Gorge, point de départ d’une ascension qui commence à 15% pour se terminer 2 heures plus tard à près de 20% à 2500m d’altitude. Les traits sont tirés, les premières défaillances visibles ont lieu à ce moment là pourtant, nous n’en sommes pas encore au premier quart. A un rythme d’automate, à la seule lueur d’une petite frontale qui vise les pas du concurrent précédent, le sommet est atteint. Sans s’attarder, au risque de prendre froid, je me lance dans une folle descente dans un mélange de chemins sinueux et de prairie boueuse, le tout de nuit bien entendu. Les Chapieux sont atteints à 3h50 du matin.


Les Chapieux Km 49, samedi 3h50, H+9

Les Chapieux, sont dans la poche. La course, pas encore, puisque nous n’en sommes qu’au quart de l’épreuve. Le fait d’y penser nous donne le vertige et les regards qui se croisent sous la tente du ravitaillement en disent long sur les conditions de fraicheur des uns et des autres. A ce stade de la course, tout le monde ou presque a eu droit à sa glissade, et les belles tenues techniques toutes neuves du départ sont maintenant toutes maculées de boue. Les ravitaillements commencent à devenir monotones et indigeste. Il ne s’agit plus de manger ce qu’on aime, mais d’essayer d’ingurgiter de l’énergie en mangeant ce que l’on pense pouvoir encore digérer.
Heureusement, l’installation est précaire et le froid commence à se faire sentir. C’est le signal qui indique qu’il ne faut pas s’attarder.
Le départ des Chapieux se fait sur une route goudronnée sur 4 à 5 kilomètres. A défaut d’être intéressante, cette route est reposante, le ventre plein, l’esprit clair et le pas décidé. La route est tellement belle, que je ferme ma frontale et admire le ciel. Une voute étoilée comme rarement nous avons l’occasion d’en voir au milieu de nos agglomérations éclairées. J’ai même droit, à une étoile filante. Est-ce un signe ? en tout cas, je suis en confiance à ce moment là de la couse.


Col de la Seigne Km 59, samedi 6h52, H+12

Le col de la Seigne marque le passage en Italie... et aussi la fin de la première nuit. Déjà un tour de cadran au chronomètre et la descente est avalée rapidement sur un chemin très roulant. Un nouveau ravitaillement en eau, puis une nouvelle ascension avant d’arriver sur les hauteurs de Courmayeur au petit matin. La forme étant toujours au rendez-vous, et me sentant contraint par la nécessité de récupérer mon sac de vêtements « de jour », je zappe volontairement tous les ravitaillements pour atteindre Courmayeur au plus vite.

Courmayeur Km 77, samedi 10h10, H+16
Courmayeur est une transition dans cette course. C’est l’occasion de récupérer un des deux sacs laissé à l’organisation. L’occasion de se changer de la tête aux pieds, et donc de repartir « propre ». Avec des vêtements « neufs », on se sent plus fort et on a l’impression de repartir à zero pour une nouvelle course C’est aussi l’occasion de se déchausser et de s’examiner les pieds et ainsi de constater les bonnes ou mauvaises surprises. Pour moi, l’impression sera excellente. De très légères ampoules sous la corne des gros orteilles Je les garderai jusqu’à la fin sans aggravation. Il faut aussi se protéger du chaud soleil qui va nous tourner autour. La crème solaire que j’utilise a un indice 50, juste histoire de ne plus avoir à y revenir dans la journée..Après la séance vestimentaire en plein air, un repas complet bien mérité, il est temps de repartir à l’assaut du plus splendide site de cette course, le refuge Bertone qui nécessite un effort d’une heure ½ pour monter les 800 mètres.



Refuge Bertone Km 82, samedi 12h18, H+18

Bertone en plein cagnard sera ma croix. Bertone vient à bout de toute ma motivation, de toute mon énergie (enfin celle qui me reste) et finit par m’endormir… J’ai envie de tomber de sommeil, j’ai soif, j’ai faim, j’ai envie que tout cela s’arrête Les SMS reçus à ce moment là me permettront de tenir, même si l’un d’entre eux me rappelle que Bertone, c’est bientôt la moitié. Une fois atteint, je profite plus du confort relatif des commodités que de la magnifique vue sur Courmayeur et la vallée d’Aoste. Assis sur mon banc à l’ombre, je suis hagard. Même pas la force de retirer mon sac, de remplir mes bidons. Je dois faire peur, je suis sous la surveillance des bénévoles du site de Bertone. Je suis soucieux de l’image que je renvois afin de ne pas me faire « stopper » par l’organisation. Après une courte récupération et toujours tombant de sommeil, je décide de repartir car je sais que le prochain refuge n’est pas difficile à atteindre, mais le chemin nécessite quand même 2 heures de progression ponctuées de relances quand c’est possible. A cet instant, je subis la course plus que ne la maitrise


Refuge Bonatti Km 90, samedi 14h11, H+20
Bonatti est enfin en vue. Une petite bosse pour l’atteindre à 14h11. Je m’effondre par terre terrassé par la fatigue je consulte ma montre à 14h16 et j’accepte de sombrer dans un profond sommeil. 14h20, je me réveille soulagé de n’avoir dormi que 4 minutes. Est-ce que ce sera suffisant ? En tout cas, cela suffit à me permettre de repartir et d’accepter la prochaine grosse difficulté. A ce stade de la course, en route vers le point bas, je fais un bilan et fais l’inventaire des prochaines difficultés. Globalement, il reste 4 ascensions majeures et 2 grosses parties roulantes de 20 kilomètres chacune (pour se reposer). En arrivant au pied du grand col Ferret, je sais que l’issue de la course va se jouer là, de l’autre coté.


Grand col Ferret Km 90, samedi 16h50, H+22

Autour de 15h00, en pleine ascension du Grand col Ferret, je décide que la course commencera à Champex... L’obsession qui m’anime, n’est plus d’arriver à Champex, mais d’en repartir. Je me dit que le plus dur sera de quitter ce point de ravitaillement. En attendant, il me reste un boulot à finir, atteindre le sommet tout en cuisant à petit feu sous le chaud soleil Italien de cette fin d’après midi. Le Col est atteint peu avant 17h00. , s’en suit une longue descente, enfin un long plat avant le premier poste de ravitaillement Suisses. Je ne prends pas le temps de m’attarder et la descente est ponctuée d’une pluie de SMS de mon opérateur Orange qui m’informe que je viens de changer de pays Le comble sera l’offre pour 10 € à un service de rapatriement Chiche !

La Fouly Km 90, samedi 18h30, H+24
La Fouly, 24 heures de course pile poil ! Le poste de ravitaillement est l’occasion de faire un point précis sur l’état des pieds. En bon état apparent, je les crème abondamment afin de prévenir les ampoules. Cela semble porter ses fruits puisqu’aucune nouvelle n’est apparue. Le repos est de courte durée, j’aimerai vraiment arriver avant la nuit à Champex-Lac J’ai beau me battre, courir quand c’est possible, au début de la nuit, je réalise que je ne verrai pas Champex de jour. L’ascension se termine donc en pleine nuit à 21h25.

Champex lac Km 122, samedi 21h25, H+27
Champex est le dernier gros ravitaillement. C’est aussi celui qu’il va falloir avoir le courage de quitter en pleine nuit, dans le froid. Beaucoup d’abandons se font à cet endroit, mais je n’y pense pas. J'occupe mon esprit à récupérer mon sac de vêtements, à m'alimenter, puis et à me réorganiser pour la seconde et dernière nuit. Après la première nuit, je sais que j'ai prévu plus de vêtements que nécessaire. Le choix se porte donc sur les vêtements les plus techniques, car les plus légers. Comme j'aimerai faire cette dernière étape quasi sans arrêt, je tente un léger repos sans réussir à trouver le sommeil. Pourtant, je sais que j'ai besoin de quelques minutes. C'est donc encore épuisé que je décide de quitter ce douillet point de ravitaillement... à l'assaut du très redouté Bovine.


Bovine Km 131, dimanche 0h54, H+30

Bovine est passé avec un gros contentement personnel. Il n’en reste plus qu’une. Une seule ascension, et c’est dans la poche. J’ai avec moi toute la lucidité qui me permet de penser « stratégie de fin de course ». A Bovine, je ne marque aucun arrêt. Il me reste de l’eau, je n’ai pas faim et seule l’arrivée au plus vite me motive. Je commence à réfléchir à mon heure d’arrivée et à échafauder une stratégie de course. Même tombant de fatigue, je sais que physiquement, je ne suis pas cuit. Les derniers SMS que je reçois dans la nuit me vont droit au coeur :

Hanan, 22h45
« Courage Jérôme, t’es en train de faire une course magnifique»

Christian, 0h09
« Allez Jérôme, tu tiens le bon bout... tu améliores ta position à chaque contrôle»

Nadège 0h10
« Courage Jérôme, tu vas y arriver, plus que quelques kilomètres »

Gilles 1h11
« Bravo, félicitations, superbe progression bientôt la France »

Ce message « bientôt la France » résonne dans ma tête comme si je revenais d’une exploration à l’autre bout du monde…. En fait d’exploration, elle porte sur la résistance de mon corps à la douleur et à l’endurance, doublée d’une introspection.

La descente qui s’en suit est faite prudemment, mais avec beaucoup d’assurance. Parmi mes préoccupations, la plus grande est de ne pas me blesser. Au bout de plus de 30 heures, cette course commence à me plaire. J’en profite, je ne suis pas sur d’y revenir avant longtemps !
Bien qu’en bonne forme physique, je suis toujours sous le coup d’une fatigue latente. Je décide donc de renouveler mon sommeil flash de Bonatti. Refusant le confort ouaté de la salle de repos, c’est à moitié allongé sur un banc d’écolier, que je sombre, la tête posée sur la cuisse d’un habitant de Trient qui me promet de ne pas me laisser dormir plus de 5 minutes. Et c’est réglé comme une horloge suisse qu’il me réveille délicatement à 2h25 pour que je puisse repartir à l’assaut de la der des der.


Les Tseppes Km 140, dimanche 4h40, H+34

La fleur au fusil, le couteau entre les dents, j’attaque cette terrible montée. Afin de rythmer cette ascension, je me force à tenir des tranches de 20 minutes sans arrêt parfois devant un petit groupe de 4 ou 5, parfois derrière. Parfois je craque et tombe de fatigue. Il faut que je me résigne, mes jambes ne montent plus. Sentant la fin proche, j’ai la rage d’y arriver pour en terminer. Je m’agrippe à un groupe de 7 à 8 coureurs. En dernière position de ce groupe, je monte au rythme dérisoire de 5m à la minute. Complètement cuit, pour me changer les idées, je compte mes pas et décompte les mètres qui me séparent de ce dernier sommet.
Le sommet finit enfin par se profiler. La pente s’adoucit, la respiration ralentit, je récupère, reprends des forces, je me sens bien. Les pieds encore frais, je règle l’éclairage de mes deux frontales au maximum. Je commence cette descente avec beaucoup de lucidité et avec le sourire aux lèvres.
La descente reste une épreuve d’équilibre. Toujours ce soucis de ne pas tomber pour ne pas se blesser. Et puis l’idée que je puisse en avoir fini avec le froid l’altitude et les montées, me donne beaucoup de courage. Je réalise que personne ne me double, mais que je rattrape beaucoup d’éclopés.
Les bruits commencent à se faire entendre en bas, la lueur du jour apparait et puis enfin. Vallorcine, le retour à la civilisation.

Vallorcine Km 147, dimanche 5h30, H+35
Vallorcine est pour moi le dernier point de ravitaillement que je considère d’ici l’arrivée. Je le soigne comme tel, je prends mon temps, glandouille un peu, discute avec les bénévoles, tarde un peu et allez, il faut en finir, allez chercher mes deux compères non, ca sera difficile, voir impossible. A moins que
A défaut de les rattraper, je décide de me lâcher maintenant et de finir comme s’il s’agissait d’une simple sortie dominicale en foret. Après tout, nous sommes dimanche matin...

Mais pour la petite histoire du finish endiablé, le samedi soir à l'arrivée à Champex-lac (km 122), l'écart me séparant de Jean-Luc et Vincent avoisinait les 2 heures. En sachant que je ne pourrais rien tenter durant la seconde nuit, j'avais pourtant l'intuition d'être en bonne forme et d'être capable de réaliser un "coup tordu" au lever du jour. Au terme d'une nuit entrecoupée d'un sommeil flash de 5 minutes, et d'une dernière descente volontaire mais prudente, à 17 km de l'arrivée, je décidais de lâcher les chevaux au rythme où le jour se levait. JL et Vincent n'avaient plus qu' 1h10 d'avance sur moi à Vallorcine, et sans qu'ils ne le sachent je suis allé les chercher au prix d'un effort qui à lui seul m'a apporté la même satisfaction que d'avoir menée cette épreuve au bout. Au pointage à 10 kilomètres, l'écart constaté par mon "contrôleur aérien" (ma femme en l'occurrence) s'était réduit à 38 minutes. Dans un effort décérébré, j'ai tout mis en oeuvre, courant sur le plat, récupérant dans les montées, dévalant à toute berzingue les descentes, pour enfin les rejoindre à 1 petit kilomètre de l'arrivée. Une fois en ligne de mire, à 10 mètres d’eux, je m'accorde un repos relatif d'une demi minute pour savourer cet instant unique, puis je reprends mon rythme et les dépasse.... comme ils s'accrochent, nous décidons de finir "main dans la main" au sprint après 163 kilomètres, ce fut fantastique...

Chamonix Km 163, dimanche 7h59, H+37 ½

Il nous faut du temps pour revenir à la réalité cette ligne d’arrivée marque le terme d’une aventure de presque un an. Un an qu’on y pense, qu’on s’y prépare, que tout est orienté pour que cette course soit une réussite. L’arrivée est donc un moment particulièrement savoureux à la fois de soulagement et de satisfaction. On reste un peu bêtement sur cette ligne qu’on ne veut plus quitter. Ne sachant plus où aller.